ça va saigner

12 janvier 2012

LA SCIENCE EN S'AMUSANT

2055656471_1Dis donc, lecteur feignasse, tu te fais rare au commentaire ! Je me demande si tu mérites ton petit billet du matin. Pour la peine, tu n'auras que mes voeux de te lire nombreux et en verve, si tu peux, durant toute l'année 2012 que je te souhaite bien bonne.

On a récemment prétendu que MiniTitch, alias ma petite-fille d'amour, avait éclaté de rire. Je m'inscris en faux et en fac. En effet, j'ai pu vérifier tout récemment le caractère spécieux de cette assertion, et ce, en utilisant une méthode scientifiquement approuvée par les instances universitaires mondiales.

Je te décris la méthode employée dont j'envoie illico une copie à la célèbre revue The Lancet et attend de pied ferme ma nomination au prix Nobel de puériculture avancée.

Il faut trouver une grand-mère encore verte car celle-ci devra se mettre dans les conditions où le soi-disant premier éclat de rire s'est produit. On se souvient que le papa, alias Tendrépoux, était en slip dans la chambre. Déshabillons la mémé mais gardons-lui son soutif et sa grande culotte (on n'est pas à la foire). Installons l'enfant précoce dans son transat afin qu'elle voit bien tout. Plaçons la mère tout près, elle aussi en état de tout bien voir, mais faisons sortir le père (il n'est pas question que le gendre voit sa belledoche dans cet état). 

Tu te souviens, lecteur attentif, que l'heureux père était en train de faire des pompes. Plaçons donc l'aïeule en position (voir fig.1) et piquons les miches de la vieille avec un couteau pointu pour vérifier la cuisson l'inciter à commencer (voir fig.2). Il faut qu'elle fasse 5 pompes au minimum pour que l'expérience soit valable. Tu as le droit d'installer un métronome pour aider l'antiquité à trouver son rythme et il est conseillé d'avoir une bouteille à oxygène à portée de la main. 

Qu'observons-nous ? Rien justement. Le cobaye semble rendre son dernier souffle en s'écrasant régulièrement la face sur le parquet, c'est bien naturel. Mais la petite spectatrice ne voit là rien de tordant et ne manifeste aucune propension à s'étirer les commissures vers les oreilles. Au contraire, voilà que lesdites commissures s'orientent vers le bas, faisant rentrer la lèvre supérieure au profit de l'inférieure en formant ce qu'il est convenu d'appeler une moue. Or, et c'est un axiome, un papa n'est pas plus rigolo qu'une mémé.

En conclusion, la démonstration est ainsi faite que :

primo : les poupons aiment beaucoup trop les mères-grand pour s'en moquer ouvertement (sans compter qu'il faudrait être un monstre pour rire d'une vieille en train de clapoter)

deuxio : rire ou faire la moue, ça se commande pas.

tertio : ok, je sors.

 

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31 décembre 2011

CÉLIB

trioCoucou, lecteur boudé, c'est bibi. N'ayant plus aucune inspiration pour te divertir, tant mon nouveau statut de Mamy Gaga m'inonde le ciboulot d'une onde de bonheur frisant l'imbécilité, je me vois dans l'obligation de chercher ailleurs de quoi alimenter ton goût pour la nouveauté. J'ai donc décidé de te donner des nouvelles tellement fraîches que personne, sauf toi, lecteur veinard, n'est encore au courant.

A lire dans Le Parisien du 30 janvier prochain : "Après Vélib, après Autolib, voici venu le temps du Célib. Un concept innovant pour faciliter les transports." Amoureux s'entend. Car qui n'a pas souhaité au moins une fois dans sa chienne de vie embarquer pour Cythère en toute simplicité et moyennant un abonnement modique ? C'est maintenant possible, le maire de Paris ayant décidé de faire installer des bornes à Célib tous les cent mètres. Gni? marmonnes-tu, lecteur incrédule.

Le principe est simple. Tu as envie de te payer du bon temps avec un inconnu ou, plus vraisemblable, ta moitié est en révision. Tu choisis un modèle à ton goût, parmi ceux présents dans ton secteur. Tu ne peux pas les manquer : chaque Célib est rangé dans sa guérite chauffée au feu de bois et peinte aux couleurs de la France. C'est joli, on dirait un marché de Noël ou l'entrée de l'Elysée, mais en pas pareil (comme disait Charlie qui grogne plus). Bref, tu choisis parmi les modèles qui restent (tu peux en prendre plusieurs à la fois, alors qu'un vélib, non) mais seulement après avoir donné tes infos bancaires et ta carte vitale, des fois que tu serais dans le rouge, dans les gonocoques ou dans le muguet.

Petite précision : le Célib est équipé d'un bracelet électronique, avec gps et émetteur-récepteur, pour le cas où tu voudrais lui faire du mal. Le Célib est vêtu d'une combinaison gris métallisé, jantes alu, toit ouvrant et boîte automatique. Un kit de rechange comprenant un costume de Batman ou de Supergirl est prévu, pour le cas où tu souhaiterais que tes voisins restent dans l'ignorance de ton recours à ce subterfuge, somme toute bien véniel, pour meubler tes longues soirées d'esseulé de la mort ou de partouzard pantouflard.

N'oublie pas que le Célib est doté de la parole, comme toi et moi, et qu'un peu d'urbanité à son endroit est toujours bien vue. En revanche, il est déconseillé d'en tomber amoureux, de lui faire un gosse ou de prendre sa place au nom d'un je ne sais quel goût pour les jeux de rôle ou pire, en vertu d'un altruisme ridicule. Tu me diras, lecteur fin, que c'est de la prostitution déguisée. Et alors ? On projette bien de voter une loi pour créer des emplois d'assistant sexuel à l'usage des handicapés à roulettes (aveugles, sourds et muets, passez votre chemin).

Trois dépêches AFP viennent de tomber : les chiffres du chômage ont chu de façon brutale. Selon Pôle Emploi, il n'y aurait même plus de chômeurs, à l'exception du personnel de l'ex-ANPE. Simultanément, les dossiers de divorce seraient en chute libre, selon le Bâtonnier du Barreau de Paris. On aurait aperçu le Secrétaire d'Etat au Logement au bras d'un Célib. Après vérification, il s'agissait en réalité de la Ministre de la Santé qui se rendait à un bal masqué. 

Les Célib hors service se retrouveront mercredi 12 février à 9 heures tapantes au siège de l'Unedic pour un crashtest suivi d'un stage de réparation.

Enfin, un Célib de toute beauté et polyglotte sera offert aux dix premiers qui trouveront la réponse à ces 2 questions : Monsieur et Madame Depieds ont un fils. Quel est son prénom? Idem pour M. et Mme Et.

Sur ce, je te laisse, ami lecteur, faut que je repasse ma combi de WonderWoman. Je bosse ce soir.

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20 septembre 2011

MAMY BLUE

super-grand-mereC'est affreux, ignoble, odieux, scandaleux, monstrueux et même terrible. Personne, je dis bien, personne, ne se demande si la future grand-mère va bien. Comme si ça n'était pas important, comme si ça allait de soi. Crois-tu, lecteur chéri, que cela me fasse plaisir, cette indifférence grandissante de ta part ? Est-ce que je ne nourris pas régulièrement ce blog à seule fin de distraire ta morne existence? Si, si, et si, je le fais.

Car même si la régularité suit le tempo variable que ma muse impose, même s'il y a des silences, sache bien, lecteur chéri, qu'il n'y a pas de blancs entre nous. Et souviens-toi, lecteur aussi ignare qu'ingrat, que pour réussir ses sonates, Beethoven s'est muré dans le silence. Non parce qu'il était légèrement dur de la feuille, mais parce que sans silence, les notes, c'est que du bruit. Non pas que je me prenne pour le Beethoven de la blogosphère, lecteur moqueur, mais j'aime bien t'expliquer. Pourquoi crois-tu que chaque silence ait son symbole? Pause, demi-pause, quart-de-silence, demi-silence et silence , j'en passe :  tu connais forcément, si tu as fait un peu de solfège dans ton jeune temps, lecteur chou. Pourquoi crois-tu que Ludwig en ait mis plein ses portées (pas de chiots, vilain)? Parce que sinon c'est la cacophonie, c'est simple pourtant, on vous l'a dit et répété. Alors qu'ici, ce qu'on veut, c'est l'harmonie. Vois ce blog comme une immense partition de musique, ses billets comme des notes, ponctuées de silences,  et ouis l'harmonie, oui, ouis-la, enfin quoi.

Bref, me voilà obligée de me justifier, alors que c'est pas toi qui vas être mémé, c'est bibi. Et  crois-moi, ce n'est pas du tout cuit. Enfin quoi, cet enfant va naître incessamment, et je ne suis même pas rasée. Ni coiffée. Juste pédicurée, ce qui lui fera une belle jambe. Il n'est pas question qu'à notre première entrevue, ce nain me confonde avec Chabal, encore moins avec Canteloup. Encore que comme ce dernier, j'ai l'intention de lui faire une petite imitation de ses biomanes, juste pour qu'il situe mieux son environnement immédiat.

On m'a demandé récemment (traduire : on m'harcelée depuis des mois) pour savoir comment je souhaitais que la petite chose rose et édentée me nomme, moi sa mère-grand. Ce qui en dit long sur l'état mental de sa pauvre génitrice, qui croit que le petit paquet péteur va nous causer direct dans la langue de Molière dès la maternité. Pourquoi pas en ingliche, pendant qu'on y est ?

Je lance donc sur l'heure un grand concours : trouve de quel doux nom l'enfant à naître de Titcheur m'appellera, et je t'offre un voyage autour de la Terre (j'ai pas dit autour du monde): tu seras donc satellisé et en orbite, autour de la Terre. Mais naaan, je plaisante. Si tu me dégottes un joli blase, tu gagneras une photo dédicacée de la mère, du bébé et de la mémé. Voilà, c'est dit. Topons là.

NB : les "'Monsieur", "Madame", "Mémère", "Mémé"', "Bonne-Maman" ou l'inévitable et consternant de banalité "Mamie" ne sont pas admis.

C'est à toi !

(Sinon, elle va me siffler, la petite créature) 

 

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09 août 2011

Grands d'Espagne

toreadorLes Espagnols sont sourds. J'en veux pour preuve les mégaphones greffés aux cordes vocales de gamins minuscules, soit un choeur de l'Armée Rouge par personne. Sous nos balcons vacanciers, un petit garçon de 4 ans, rachitique comme tout, joue en babillant. Sauf que son babil n'a rien de doux et qu'on se croirait à Paris, un dimanche à 7h du matin quand ma gardienne Mme Da Silva fait résonner son tonitruant bonjour à un leve-tôt et réveille sans vergogne toute la rue. Si les Portugais ont fait jadis sécession et renié l'ibère terre, ils conservent en souvenir de leurs frères péninsuliques une pilosité délirante et un organe vocal totalement inadapté pour la berceuse, sauf aux durs de la feuille, qu'ils sont devenus, par le fait même.

Les Espagnols n'adoucissent pas les moeurs. Prenons un musicien allemand tourmenté. Appelons-le Ludwig et donnons-lui à entendre dès le matin du fado, des castagnettes et les potins de sa bonne espagnole. Aussitôt, Lulu ferme son pavillon, quitte Leipzig en enfilant son boléro de la main gauche avec laquelle il griffonne une lettre à Elise -en fait Theresa- affectueusement signée "ta grosse Bebeeth", avant de faire craquer la 5è de sa Chrysler "D dur Kochel 25", révisée de frais par  son pote garagiste Herbert Von. Moralité : quand l'ibère est précoce, le teuton se durcit.

Sur ce, fidèle lecteur, je te prie de me laisser finir mon pastaga en paix et en Espagne, beau pays qui fit sous Luis quand les hordes armoricaines l'envahirent et violèrent tous les chiens errants, laissant à la postérité une race de coureurs, infatigables et poilus, qui traquent encore aujourd'hui l'albinos dans les huertas giboyeuses et font les maîtres-chiens pour sourds-muets en un croisement qui honore la mixité canine : l'espagnol breton.

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27 juin 2011

Marions-nous !

CC-histo-8Les mariages, il est de bon ton de dire qu'on s'y ennuie, mais ce n'est pas vrai. J'en veux pour preuve les moments étonnants qui ont émaillé cette fête où nous mariions le fils de très bons et vieux amis, des potes âgés, quoi  (j'ai bien le droit de la placer). D'abord, c'était l'occasion idéale de réunir presque toute la bande de copains de 30 ans (on s'est connus très jeunes). Et si on me dit que les potes iront, j'y go. Ce fut comme si on ne s'était pas quittés : on a chahuté discrètement pendant que le maire bafouillait dans sa moustache les mérites nombreux d'une collègue qui n'était autre que la mariée. Là, on commençait à avoir soif. Je signale que la mariée était particulièrement ravissante et son futur, beau gosse dans le goût de Lino Ventura : charpenté, ossu, une présence quoi. Le carrosse de toute beauté aussi : une DS décapotable rouge, sans bouquet, sans tulle, se suffisant à elle-même. Bref, du bon goût, de la classe.

Direction l'église où nous attendait une célébration des plus innovantes. Incrédules, nous fûmes dans ce lieu sacré, lorsque l'officiant se révéla un sosie - au moins vocal- de Michel Galabru. Totalement atypique - même s'ils sont de plus en plus nombreux, les curés d'opérette- le cher homme entreprit de nous faire un genre de catéchèse, nous expliquant le sens des formules rituelles entre le prêtre et l'assemblée, des fois que ce soit une totale nouveauté pour le public.

Sa sémantique n'avait rien de soutenu, bien au contraire, car le comique fut assez gonflé pour placer un tonitruant "c'est quand même salaud", quoique je ne sache plus s'il parlait de la fidélité dans le mariage ou du fait qu'il avait soif aussi. Renseignements pris, il s'agissait d'un diacre, un laïc visiblement confronté à des publics hautement mécréants ou d'un âge mental inférieur à zéro. Sa tendance fâcheuse à faire l'exégèse décousue et nunuche des psaumes choisis par les mariés me fit redouter que la perspective de boire un coup demeure encore fort lointaine. Dieu merci, se voyant noyé dans l'incongru de ses digressions, il ne terminait pas la plupart de ses phrases. L'assemblée se paya une bonne tranche de rire, avec la même effronterie que le diacre dans l'exercice de son art. Il faisait très soif !

Pas de chance : on nous conduit dans un beau parc en nous demandant instamment de ne pas nous éloigner. Les mariés ont prévu de se faire tirer le portrait, seuls, en famille, en groupe, avec plein de variantes dont le sens nous échappe, assoiffés que nous sommes toujours. Rien à boire, sauf la pièce d'eau en contrebas, mais je n'ai pas de paille. On en profite pour bavarder et ricaner avec les vieux copains, et c'est bien sympatoche, même si on a les jambes raidies par l'attente debout car on n'a même pas vu qu'il y avait des bancs. On s'y jette  5 secondes avant de se faire appeler pour la photo de groupe. Les filles se placent en file indienne côté marié et le lycée de Versailles (le diacre nous l'a sortie, celle-là). 

A y est, c'est fini ? On y va ? Quand est-ce qu'on boit, pis qu'on mange ? Cause que là, c'est sûr, on a tout bon : faim et soif.

Je passerais sous silence l'épisode vin d'honneur qui fut surtout un grand moment de déshonneur, tant certains s'employèrent à soudoyer le loufiat, à rafler le petit four, à s'en mettre plein les poches, dans le but d'éviter le coma hypoglycémique qui nous guettait.

Je ne dirais rien de la salle, remarquablement ornée d'un diaporama de photos géantes de Manhattan, des tables et du menu, également remarquables, tant tout fut une réussite complète. Je ne mentionnerais surtout pas l'épisode du lancer de bouquet, pour lequel furent réclamées "toutes les jeunes filles, non mariées". Sourde à propos, je ne retenais que la seconde proposition et je me mis en position de marquage, bras levés, genoux écartés et fléchis, prête à bondir sur le bouquet. Je ne vois pas pourquoi je n'y serais pas allée : je suis restée une vraie jeune fille et je ne suis pas mariée. Et justement, je voulais savoir si ce serait pour cette année. Le bouquet atterrit tout près de moi, mais dans les mains d'une grosse fille, sur laquelle je me jetai en empoignant le bouquet de roses rouges et blanches, histoire de jouer un peu. Je tirai bien fort, en hurlant " c'est à moi, c'est à moi", avant de lâcher prise, des pétales et du sang plein les mains. J'en tirai la conclusion que les roses étaient toujours aussi garces et que le mariage restait un état qui ne manquait point de piquant, ce qui ne m'apprit rien de neuf mais ce qui me fit y voir un présage funeste. Je conseillais à D'Artagnan de repasser l'an prochain pour sa demande.

C'est bien après que ça s'est gâché. Je m'étais achetée une chouette robe qui tourne quand on danse. Très joli, très années 50 (oh ça va hein). D'un narcissique frisant la psychiatrie, je m'étais persuadée, grâce aux miroirs de ma maison, des vitrines, des fenêtres, des portes, que le pneu me servant de bedon était masqué par la coupe de la robe qui prenait bien la taille. Et je dansais le rock avec mes copains, et ma robe tournait, et j'étais bin contente, comme Céline Dion. Jusqu'au moment où une vieille copine me dit " t'aurais pas un peu forci, toi ?". Je la regarde, scandalisée. "Kwaaa ? Mais pourquoi tu me dis ça, toi ? tu voudrais dire que ma robe ne me va pas ? T'y es folle ou quoi ?". Vachement consciente de l'offense, la chipie me dit "euh non, j'ai cru que t'avais arrêté de fumer et que du coup, euh..." Là, tu t'enfonces sévère, mon amie : j'ai pas arrêté la clope et j'ai fait un micro-régime de 4 jours ! Du coup, ça m'a mis le doute, et même en usant toutes les glaces à disposition pour vérifier - aux cabinets, dans les baies vitrées, dans un rétroviseur- impossible de me faire une idée exacte de ma silhouette. Je décidai de rentrer mon ventre jusqu'à la garde et reprenais mes activités artistiques illico, afin de prouver à cette personne à quel point elle s'était fourré le doigt dans l'oeil. Je précise, sans méchanceté, que ladite créature est fort portée sur les douceurs et que ça se voit direct, pour le coup... Je me demande donc où est la légtimité d'un 44  pour critiquer un 40. Non mais !

Et toi, lectrice hypersensible, trouves-tu normal de te faire saquer par de soi-disant copines ? As-tu, comme moi, saoûlé ton chéri pour savoir si oui ou non, c'est vrai que t'es grosse ?

Comme si un mec, soucieux de préserver une entente cordiale chèrement acquise, pouvait dire autre chose que "meuh non, t'es pas grosse".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 juin 2011

Tu repasseras

le_pere_noel_est_une_ordure_7Hey, Lecteur Affamé, que deviens-tu ? Tu me laisses de plus en plus sans nouvelle. Ce n'est pas bien. 

Pour l'été, et même pour tout le temps, j'ai trouvé une raison parfaitement valable de retrouver un ventre plat. Si. Tu prends une planche, et surtout, un fer à repasser. Tu fais chauffer à feu vif, et tu repasses un imperméable. Si. Pourquoi un imper ? Parce qu'avec autre chose, ça ne marche pas. Arrête de m'interrompre tout le temps, ça saoûle. Donc, tu as claqué 10€ au pressing pour faire nettoyer ton bel imper de marque anglaise chiné dans une boutique vintage, mais tu y as bêtement collé du rose à lèvres sur le rabat, juste devant. La quiche feignasse n'a pas eu l'idée de le repasser droit au niveau de l'ourlet, ou bien elle avait picolé. Du coup, ton imper godaille méchamment, alors que tu vas donner une conférence et que tu avais l'intention de faire bonne impression. Tu es énervée (voir figure 1) mais tu ne peux rien faire, tu te trouves à 600 km de ta planche et de ton fer. 

Une fois rentrée, tu installes le matos, tu règles la hauteur de ta planche au niveau de ta taille minuscule et tu envoies la vapeur (voir fig.2). C'était pourtant simple à faire, tu fustiges encore la repasseuse professionnelle. C'est vrai que le tissu est drôlement épais et qu'il faut le mouiller plusieurs fois avant chaque passage du fer. Mais ça marche. Le vilain faux pli tordu disparaît petit à petit car tu envoies la dose de vapeur. D'un coup, tu sursautes en repoussant avec horreur et stupéfaction le fer. Tu viens de ressentir une brûlure sur le ventre.

Tu n'as plus tout à fait la taille fine de tes 20 ans, mais tu as pris soin de ne pas déposer ton bourrelet sur la table à repasser. Et ton strabisme n'est pas assez violent pour faire dévier ton fer de la planche à ton bide. Alors kwaaa ? Bin, c'est la vapeur. 

Ce n'est qu'au coucher que tu constates une vieille grosse cloque à côté du nombril, alors que la douleur ressentie, certes vive, a été très brève. Tu t'expliques le différentiel par l'épaisseur de la bouée qui ceint ton bedon. Noyés dans la graisse sont tes capteurs nerveux, ce qui les empêche de transmettre à ton cerveau l'info "achtung, brûlure" en un temps inférieur à la lecture de l'oeuvre de Proust. D'où mon temps de réponse "aïe" frisant l'éternité et permettant la formation de la grosse cloque (voir fig.3).

Que certaines, dont le nom et la qualité seront tus ici, et qui sont elles-mêmes en train de devenir de grosses cloques (voir fig. 4), veuillent bien cesser de ricaner. Dans pas longtemps, pour repasser, il va leur falloir des bras à rallonge. Alors hein...

 

 

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15 juin 2011

MINE D'OR

poule et cochonCher Lecteur Abandonné, avé ! Ne me dis pas que tu n'as rien de mieux à faire que de me lire, je te croirais, tant j'aime le cirage de pompes. En attendant un retour de prose éventuel, régale-toi avec ça :

Marie Breucq, amie artiste dont je t'ai déjà brossé le portrait ici et , croque les canassons de toute robe - sans parler des ânes, boeufs, bébés et autres félins et canins- avec un panache sidérant qui lui vaut d'exposer ses oeuvres aux Haras de Cluny et de remporter le 1er Prix de Saumur-en-Auxois.

Capable de donner vie à une bûche d'un coup de fusain, Marie vient d'illustrer des livres de recettes qu'elle propose à la vente par le biais d'une spirituelle petite annonce. Je te la livre ci-dessous et sans ambages, à toi, lecteur esthète de lard qui aime saliver tout en te rinçant l'oeil. Si tu es boucher chevalin, passe ton chemin.

Tu peux aussi lui commander le portrait de ta bête de compagnie à poils durs- mari ou femme- contre l'envoi d'une photo, d'un baril d'avoine pour son Loulou et de picaillons, car le génie ne doit jamais rester sur sa faim.

 01 JUIN 2011

Cuisine ...

 "De tous les Arts, l'Art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme" Pierre Dac

J'ai illustré ceux ci : plus de 110 dessins par livre (j'ai présenté quelques petits dessins dans des articles précédents), mais je rassure mes amis : les recettes ne sont pas de moi ...

Si vous les commandez sur mon blog à "contacter l'auteur" vous aurez une petite dédicace personnelle avec petit dessin inédit (!).

Il vous en coûtera une bouchée de pain : le prix librairie c'est à dire 14,50€ le livre

+ frais d'envoi = environ 5€ pour un livre en courrier suivi (ce tarif postal impitoyable vous contraindra, hélas, à supprimer le beurre dans vos épinards ...).

Cuisine

 

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28 mai 2011

Annonces Classées

Un chouette de cadeau pour toi, lecteur préféré, et chapeau bas à l'auteur inspiré (qui n'est pas moi) mais lui ! Va voir son blog et régale-toi. Ne me remercie pas (même si j'en ai bavé pour copier  ses annonces sur LeBonCoin.fr qui voulaient pas l'être), c'est un plaisir, mâtiné de jalousie certes, mais un plaisir quand même.

 

MAGNIFIQUE FAUTEUIL SCANDINAVE

fauteuilFauteuil "Tullsta", mobilier suédois (règne du roi Ikéa 1er, XXème siècle après JC). Il est rouge, moelleux, adapté à toutes les fesses. En plus il est déjà monté, vous n'aurez pas à vous battre avec cette maudite clé à six pans et vous faites l'économie des boulettes de renne et du saumon sauce moutarde. Le prix, 35 €, est dérisoire pour un meuble d'époque. Seul inconvénient : vous devrez venir le chercher au 4eme étage sans ascenseur. Mais vous pourrez vous asseoir dedans en arrivant.

Je vends aussi une Megane noire (celle-ci, en revanche, est garée en bas de l'immeuble). Si vous prenez la voiture, je fais le fauteuil à 29,99 €.

 Ne vous battez pas.


PERROQUET (MUET)

perroquetCeci est un « perroquet ». Je ne peux pas le vendre plus de 34 €, car malgré toutes mes tentatives, il ne parle pas.

Est-ce à force de se prendre des vestes ou de porter le chapeau pour les autres ? Il demeure obstinément muet. D’un autre côté, une bestiole qui crie « coco » sans arrêt, c’est agaçant. Surtout si l'on est communiste. Bon, les dimensions de l’animal : 188 cm au garrot, 54 cm entre les pattes. Il peut supporter 3 ou 4 manteaux, 2 hauts-de-forme, et une soixantaine de bonnets de bain. 

Un bien bel objet.

 Il appartient à la Collection Dauteuille.

 

TABLE DE CAMPING OU RANDO (EN MARBRE)

table

Si vous avez cédé à la tentation d’acquérir une de ces tables pliantes ingénieusement logées dans une valisette bleue, pour en faire la fidèle compagne de vos repas de campeurs, vous vous êtes fourvoyé. Car ces meubles précaires sont sournois : quand ils ne coincent pas les doigts, ils s’effondrent. Alors votre femme, ébouillantée par une soupe Royco, cesse de camper, pour décamper. Ces choses-là arrivent.

 Oubliez ces accessoires désolants et portez votre choix sur ce modèle en marbre et fonte !

 Son plateau de 60 cm trouve sa place dans une housse de tente Quechua. Son pied robuste vous servira à enfoncer les sardines les plus récalcitrantes. Son poids respectable la rend insensible aux bourrasques.

 C’est du sérieux. Et au retour de vacances sans histoires, vous pourrez même en faire un joli petit guéridon. Le prix, comme le meuble, est rond : 40 € (à débattre)

Elle peut aussi servir d’ombrelle pour haltérophile.

  

STEPPEUR (ET SANS REPROCHE)

 steppeurVous désirez transformer vos membres inférieurs, de qualité standard, en jambes de concours élevées au grain ? Voici l’article ad hoc.

Oubliez la marche en sous-bois. Les sangliers y sont pacifiques, mais leurs poursuivants en treillis cribleront vos mollets galbés, ruinant tous vos efforts esthétiques.

Place au virtuel. Avec ce steppeur « Body Care » (en français « Fais gaffe à ton body »), l’avenir est en marche. Enfilez un collant fuchsia et juchez-vous sur l’engin. Vous voilà parti(e).

Le Stepper BodyCare est surtout un puissant stimulateur de l’imagination. Vous sillonnerez la planète à deux pas de votre sèche-linge. Vous gravirez l’Everest en nuisette. Vous traverserez le Sahara en vous déhanchant comme un chameau (les deux plateaux sont pivotants). De jour comme de nuit, vous marcherez interminablement, car l’objet est robuste. Enfin, quand la pluie émoussera votre militantisme, vous pourrez accompagner chez vous la manif pour les retraites.

 L’aventure est là, tendez-lui vos pieds, ainsi que 30€, tarif bénin de cet exaltant voyage.

 Je suis prêt à vendre l’objet à deux frères siamois unijambistes, mais je n’accepterai qu’un seul chèque. L’idéal serait qu’ils aient un compte joint.

 

SCÈNE ALPESTRE À L'ORIENTALE

scène alpestre

A première vue, ce bas-relief célèbre l’ivresse des sports d’hiver dans nos montagnes d’Europe, comme le suggère son titre sobre : « Alpes ».

Mais une observation attentive de l’objet nous apprend que l’œuvre est aussi et surtout une pièce rare de l’art oriental. En effet, l’artiste a discrètement apposé sur son verso la mention« Made in China ».

Il est donc probable que cette peinture sur bois est attribuable à un explorateur de l’empire du Milieu, qui, chevauchant à travers la steppe ondulante de la Mongolie, les rocailles caucasiennes et la neutre Helvétie, a fini par atteindre nos alpages savoyards, son chevalet en bandoulière.

Là, prélevant quelques poils lustrés de sa natte pour confectionner un pinceau, ce mandarin opiniâtre s’est mis au travail. Une fois ses croquis réalisés, il a regagné la Chine pour y recopier cela sur du bois, qu’il a laqué comme un canard, sans oublier d’y ajouter le relief (visible sans lunettes 3D).

L'artiste anonyme -appelons-le Ming- a su saisir l’élan du skieur comme le bref haïku sait résumer le grand Tout.

Cette œuvre, pourtant, ne coûte presque Rien. 18 euros, soit 154 yuans : c’est une bouchée de riz pour cette miniature géante (49 X 71 cm ).

Lao-tseu a dit « Plus le sage donne aux autres, plus il possède."   Le prix est donc à débattre (de quelques yuans).

 

 

 

 

 

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22 mai 2011

GROS COPIEURS

logoC'est pas trop tôt ! Le technicien y a mis toute sa science : la macchina a daigné fonctionner.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé : tête propre, cartouches pleines, tirage sans bourrage.

Depuis 2007, elle voulait rien savoir, la vilaine. Une têtue, une râleuse, une rebelle. Toute fière de son petit coefficient de vétusté et de sa haute technologie. Du coup faisant sa star, pas pressée de se mettre aux ordres d'une Direction bicéphale toute tournée vers une productivité exponentielle et des gains immédiats. 

Les 2 PDG ont donc fait appel à la modernité la plus pointue. L'atelier de réparation a pris le problème séparément : fiole et livre d'images pour l'un, étriers et schnouf pour l'autre. Réunion au microscope, speed dating en tube, dépôt de garantie à la maison-mère.

Résultat : photocopie en cours d'impression.

Exemplaire unique en couleur et en octobre.

 

 NB : Penser à acheter un grand classeur pour Titch et une pochette plastifiée pour Carlita.

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 mai 2011

Les Bidochon en voyage organisé 1

forbidVendredi : dans la file d'attente à l'embarquement, que des subclaquants ! C'était donc vrai, D'Artagnan et moi sommes vieux. Devant le portique de sécurité, je sais que ça ne va pas biper, car j'ai pris soin d'attacher mon froc avec une ficelle, je ne porte pas de bijoux et je n'ai plus de stérilet. Pour d'autres, les cloches sonnent : c'est caleçon et pelotage sous les aisselles, scanner, irm et scintigraphie obligatoires.

J'apprécie particulièrement les décollages, après 20 km à 2 à l'heure sur le tarmac pour que le zinc rejoigne la piste de lancement. J'aime ce moment précis où le captain s'arrête, puis fait chauffer les moteurs à fond, trembler la carlingue sur le point de se désosser, juste avant de desserrer le frein à main. Je redresse ma perruque et rajuste mon dentier. A y est, on lutte contre l'attraction, tout le monde pédale pour pas qu'on retombe.

L'avion à peine remis à l'horizontale, les hôtesses s'activent et nous proposent à becqueter. J'adore ça aussi, croûter dans un coucou. On s'envoie des mignonettes de blanc et de rouge, faut tout goûter, c'est gratos. Je m'endors repue et bienheureuse. Oué, lecteur envieux, j'ai une vraie aptitude au bonheur, je suis l'engeance des psys.

Samedi :  kiss landing de toute beauté. Ma perruque n'a pas bougé, mes implants non plus. D'Artagnan ne reconnaît pas sa valise, car elle est toute neuve et il dort debout, la laissant tourner trois fois sur le tapis. On fait le check out, un genre de mistral glacé me bouscule la moumoute, on monte dans le bus. Le chauffeur a une grosse moustache noire comme ses lunettes. Il est 4h30 du matin, heure locale.

Le guide semble amorphe. Il nous salue en précisant qu'on en a pour 1 h1/2 de route et nous informe que demain  -enfin tout à l'heure- compte tenu de l'heure matinale de notre futur coucher, on ne partira pas pour les 550 km de route à travers montagnes et hauts plateaux, prévus dès le premier jour, mais on fera la journée libre programmée initialement en fin de voyage. Tant mieux, on est quand même flapis. 

S'élève alors une voix de canard qui a trop clopé. "Mais pourkwaaa vous changez le programme ? On pourrait y aller tout de suite, c'est vrai quoi, on doit faire le programme dans l'ordre". D'Artagnan me sourit : ça y est, c'est vraiment les vacances. L'emmerdeur du groupe est déjà identifié. Le spectacle peut commencer. 

S'en suit une discussion aussi ridicule que pénible du fait de la dame-canard qui n'en démord pas, d'autant que le guide rappelle qu'il faut lui filer du cash illico si on veut avoir à manger tous les jours et que le canard n'est pas au courant, que c'est un scandale, etc...Le guide reste calme mais semble amorti. 

Comme il a un mégaphone scotché aux cordes vocales, le canard m'a réveillée. Oulà, attention, je m'en vais lui claquer le museau à cette malfaisante. Le sommeil permet à mon surmoi, d'ordinaire peu gonflé, de mettre en veilleuse mes velléités belliqueuses, pour faire comme les autres qui n'ont pas moufté. C'est vrai quoi, on est à peine arrivés, j'aurai toujours le temps d'ébouriffer les plumes de la vociférante plus tard, si nécessaire.

L'hôtel du bord de mer est composé d'une multitude de bungalows tous pareils et numérotés sur seulement deux de leurs faces. Gros potin de roulement de valises dans les allées cimentées pendant 1/2 d'heure avant que chacun trouve sa niche. 

Sur le lit, pas de drap de dessus, juste un genre de petite couverture en coton, à même le drap housse. J'ai froid. Je trouve 2 couvrantes et refais un lit approximatif.

D'Artagnan scie du bois avec application. J'irais bien voir si la mer est démontée.

La suite plus tard, lecteur avide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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