17 février 2010

TAG À L'FAIRE !

tag4Salut les pinpins, c'est Mémée.

Puisque je viens d'être gentiment taguée par mademoiselle Framboize sur un sujet récurrent mais tellement passionnant, rapport à mon portrait chinois qui sera suivi d'un questionnaire de Marcel, je suis obligée de vous apporter les précisions suivantes :

un trait de mon caractère : respectivement en pointillé et très fin.

un signe particulier : mutilée de la Grande Guerre.

un mauvais souvenir : le dernier billet de Charlie.

un souvenir d'enfance : mon lapin en peluche Papouf de quand j'avais 4 ans. "comment il s'appelle ton lapin?" demandait mon père. "Papouf" je répondais. "Mais alors, s'il s'appelle pas Pouf, comment il s'appelle? " qu'y m'disait. "Papouf" que j'insistais. "Mais s'il s'appelle pas Pouf, comment il s'appelle?". "Papouf" que je lui f'sais. "Mais alors......

un de mes défauts : un penchant pour l'asile. (rapport à Papouf et à Charlie).

un film "bonne mine" : X-Rays, oeuvre entièrement radiographique d'où tu ressors bronzée.

une "meilleure amie" : ça dépend. En ce moment, c'est moi, les autres sont virées.

Sont donc priés de répondre à ces questions brûlantes :

Mme Ingliche Titcheur, M. Charlie Le Sournois, La Reine, Schtroumpfette, Marie Breucq, Une Chambre à Moi, bref, tous ceux qui sont dans mes liens amis (à droite, dans la colonne, ami miro).

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10 février 2010

EXERCICE DE STYLE

pt_interrogationCette fois ci, c'est décidé, je ne veux plus faire dans la facilité. Il y va de mon honneur, de ma fierté. Si quand même. C'est tellement facile de se moquer. Il me faut des challenges plus nobles.

Et c'est à toi, lecteur chou, qu'écherra l'honneur insigne de me dire le sujet du prochain billet. Si, j'y tiens.

Alors, fais-toi plaisir, dis-moi quoi et je te ponds illico un truc, après avoir évidemment effectué une petite sélection parmi les sujets les plus fins (fille qui se croit maligne comme une métastase).

J'attends.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2010

LA CROISIÈRE S'AMUSE

Pirate_CaraibesLes alizés avaient cédé au petit matin, après une sarabande infernale qui avait fait tanguer le paquebot méchamment, bousculant des femmes du monde agrippées au bastingage et aux hommes, comme de vieilles saoûlardes aux réverbères. Personne n'avait pu fermer l’œil dans les étroites couchettes aux draps entortillés de rage. La houle avait roulé les corps dans un va-et-viens grotesque, les crânes jouant les heurtoirs, les pieds repoussant les murs avec constance. Seuls les enfants avaient sombré, bercés par l’onde facétieuse, après un jour entier à courir dans des coursives aux moquettes psychédéliques dont les motifs, combinés au roulis, avaient fini par leur soulever le cœur en hoquets déchirants. Titch et Mi Broteur 1 étaient en proie au démon du jeu et nous rackettaient sans vergogne pour assouvir une passion naissante mais déjà impérieuse.

À midi, le pont était couvert de piscines et de barbecues, attirant des cohortes de baigneurs ruisselants et rendus taiseux par la faim. Je suivis le mouvement, un plateau posé sur trois doigts, attendant tranquillement mon tour de choisir hamburgers et saucisses que j'éclabousserais de rouge sucré pour mes petits cannibales. Les yeux dans le vague, j'étais pétrifiée de mollesse béate, heureuse de chauffer ma couenne au soleil sournois des tropiques. Elles avaient assez fraîchement débuté, les vacances de la Famille Fenouillard. Avant d’embarquer à Miami et ses 30° C, nous avions passé 4 jours à New York où le thermomètre avait fait des siennes, quittant sans scrupule les 17° et quelques nuages de notre arrivée pour s’abîmer brutalement à –9°, ciel clair et blizzard déchaîné dans l’orthogonie parfaite du tracé de Manhattan.

Nous venions de poser nos valises (voir les épisodes 1 et 2) à bord de ce rafiot prétentieux en forme de fer à repasser, où s'activaient, sous la schlague de négriers modernes, d'adorables loufiats, la gentillesse chevillée au coeur, élégants dans leurs vestes blanches à boutons dorés prévues par contrat. Alfonso répondait de notre précieux bien-être, confié à ses soins jaloux, admirables comme ceux d'une mère. L’excellent homme apparaissait comme par enchantement, avec une régularité étonnante, signe d'une prudence entraînée à devancer les exigences du client le plus capricieux. Mon père prenait de temps à autre son accent, frappait un seul coup à la porte en annonçant « Alfonso, Alfonso ! » et ouvrait brusquement, livrant à notre hilarité ma pauvre mère, bras croisés sur le soutien-gorge, pour le plaisir de l'entendre râler.

Je rêvais donc sur le pont supérieur, forçant ma myopie vers les confins diaprés d’un horizon imperceptiblement mouvant. Il ne faut jamais regarder l’horizon quand on est sur un bateau en pleine mer. L’œil en oublie le balancement et croit contempler une marine de Ziem, alors qu'il s'agit de suivre un mobile de Calder dont les motifs changeants font diversion : dauphins d'hématite, exocets argentés, vaguelettes aussi inconséquentes que starlettes en Croisette, ondes moirées, flots ourlés de cette écume ajourée qui fait tout le chic d'un océan. Bref, autant de leurres qui hypnotisent pendant que la nausée monte.

C'est ainsi que je récoltais un joli mal de mer qui m'obligea à regagner en catastrophe une cabine que je ne quitterais plus. Sauf le soir du Réveillon, quand la dramamine me permit de tenir debout, à la réserve près qu'ayant un peu forcé la dose, je gardais la sensation pénible de mes yeux sur le point de quitter leurs orbites (d'amarrage, lecteur espiègle).

Mêlés à des convives bien urbains, nous allions festoyer comme des cochons de touristes et j'allais m'illustrer de façon navrante, mais peut-être déterminante dans la vocation future de notre Ingliche Titcheur préférée.

Pour qu’une croisière s’amuse, il faut du staff et nous avions chacun un majordome au garde-à-vous, présentant de concert à nos fondements confiants de quoi se poser avec dignité et sans risque de choir. Après cliquetis de verre à nos santés encore bonnes et dégustation des plats liminaires, j'observais Mi Broteur 1 essayant de mâcher sa fourchettée de taboulé aux petits pois, sans se cogner le menton sur la table. Fichtre, mais c’est un nain, cet enfant ! pléonasmé-je en moi-même avec une pointe d’amertume. Il me faut sans tarder mander un coussin pour permettre à cet être minuscule de dîner proprement. Les serveurs n’étant en rien versés dans la langue de Molière, je me ferai une joie de risquer celle de Shakespeare auprès du grand gaillard qui m’est dévolu, fort beau modèle sculpté dans l’ébène, port de tête martial, mains croisées sur le bas-ventre comme un videur de boîte de nuit.

J’aime les mots, leur sonorité, leur couleur. En anglais comme en français. Sauf que coussin, c’est cushion. On entend cochonne. Je n’ai pas envie de dire cochonne à un beau Black, c’est tout. Puisant dans un vocabulaire enrichi à coup de traductions absconses pour un éditeur de renom, je me commémore fissa un mot qui sonne mieux, mais dont le sens ne me revient pas. Faisant fi de ce détail, je questionne sans délai mon garde suisse, avec une suavité extatique à faire bisquer Ste Thérèse de Lisieux : would you please be kind enough to bring me back a coffin for my son ?

Il a rangé illico son hiératisme, mon légionnaire, les yeux écarquillés d'incrédulité. What ????... murmure l'éphèbe de bronze . Bin quoi, ouate ? Aïe demande just a coffin, it's not la mort !

Si justement, cause que coffin, ami linguiste, c'est pas un couffin ni un patin, c’est un cercueil.

 

 

 

 

 

 

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19 janvier 2010

LES VALISES (épisode 2)

1572562126_smallUn fois débarqués sur le tarmac de JFK – eh oué, on était à New York avec Mi Broteur 1 et Titch et ma sœur et mes parents –  nous nous faisons rouler en sautant dans des taxis pas jaunes et devant l’hôtel, mon mari Albert sort une liasse de dollars en éventail pour payer le chauffeur. Lequel, atterré devant tant d’inconscience, lui conseille doucement de ranger son pognon, sauf s’il veut se le faire arracher dans la minute…Tête d’Albert. (Albert, Robert, Lulu, c'est du pareil au même).

Je le pousse dans le hall de l’hôtel, le drive jusqu’à la chambre, l’enferme à double tour et ressort avec le reste de la famille. Non, j'rigole. Je lui fais la leçon en lui rappelant que NY, c’est cool mais c’est quand même une gigapole infestée de voleurs à la tire et de kidnappeurs d’enfants et de Français de sexe masculin ayant une propension à frimer. Donc, calmos et profil bas, mon chéri. J’ai quand même envie de te ramener cheu nous. Et sache que je ne paierai pas la rançon. Ca l’a  calmé direct et nous sommes tous partis à la découverte de cette ville qui ne dort jamais.

Déjà, Albert a voulu aller tout de suite sur la 5è avenue pour finir de négocier un camescope que son jeune frère n’avait pu ramener 6 mois auparavant, faute de cash suffisant. Mon père et moi accompagnons le père de mes enfants dans la boutique -en fait, un discount de tout et de rien, de la casserole au tapis, de l’appareil photo au projecteur, du panier en plastique à la valise en carton- Un vrai bazar.

Et mon Albert d’entreprendre aussi sec le vendeur, sans prendre la précaution de faire juste un peu connaissance, de papoter benoîtement, de s’intéresser un peu aux affaires, bref, il lui fait une intro en force, à la brutale. Le vendeur extrêmement courtois s’exprime dans un français parfait et accède à toutes les demandes pourtant formulées d’un ton fort désagréable par mon mari, curieusement très tendu derrière sa moustache à la Magnum.

Etait-ce la présence de son joli-papa dont la réputation de fin négociateur n’avait pas de frontières, et l’envie de l’impressionner qui stressaient à ce point mon pauvre Albert ? Toujours est-il que je lui fais immédiatement part de mon désaccord total devant son attitude insupportable de morgue et de grossièreté. Mes remontrances restant sans effet, je préfère quitter les lieux illico et laisser mon mari à son destin.

La suite est à la hauteur de vos espérances, lecteurs sadiques. Après avoir fait baisser les prix de son caméscope sans difficulté, Albert passe à la caisse et donne les dollars convenus, pendant que le vendeur lui tend son paquet et encaisse les biftons. Réflexe classique, Albert ouvre le sac pour en vérifier le contenu et s’aperçoit qu’il n’y a pas de caméscope mais un simple objectif d’appareil photo. Il en fait part au vendeur avec une certaine véhémence. Ce dernier lui rétorque en souriant « you wanted to fuck me, I fuck you ». Grosse colère du dupé qui saisit au collet le vendeur hilare en le menaçant d’appeler les flics. Mon père retient Albert dans ses velléités bagarreuses. Et l’entraîne vers la sortie.

Furieux, ne pouvant se résoudre à une telle débâcle, sous les yeux même de celui qu’il voulait épater, Albert parcourt de regards fièvreux le contenu du magasin et finit par s’emparer d’une grande valise delsey, histoire de pas être refait jusqu’au bout.

« Tu pars négocier un caméscope et tu reviens avec une valoche… encore !!! ? » demandais-je à mon doux seigneur retrouvé. Il bafouille qu’il a été dépouillé, volé comme au coin d’un bois, sa moustache de jais toute frémissante de colère. Celle de mon père, très Clark Gable, est parcourue d’infimes ondulations de rire mal contenu. Au pied de l’Empire State Building, l’histoire est racontée à toute la famille, devant mon mari crucifié, sa valise à la main.

Ca m’a fait repenser à ses trois valises gigognes achetées au prix fort chez Arbracam Soupress et dont les poignées ont lâché juste avant l’embarquement (voyez l'épisode 1), et je me suis dis avec fierté « Voilà un homme qui a du bagage !», alors que de mauvaises femmes auraient pensé « Mais qu’est-ce qu’il trimballe !».

 

Posté par QueenMom à 00:23 - - Commentaires [11] - Rétroliens [0]


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