22 mai 2011

GROS COPIEURS

logoC'est pas trop tôt ! Le technicien y a mis toute sa science : la macchina a daigné fonctionner.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé : tête propre, cartouches pleines, tirage sans bourrage.

Depuis 2007, elle voulait rien savoir, la vilaine. Une têtue, une râleuse, une rebelle. Toute fière de son petit coefficient de vétusté et de sa haute technologie. Du coup faisant sa star, pas pressée de se mettre aux ordres d'une Direction bicéphale toute tournée vers une productivité exponentielle et des gains immédiats. 

Les 2 PDG ont donc fait appel à la modernité la plus pointue. L'atelier de réparation a pris le problème séparément : fiole et livre d'images pour l'un, étriers et schnouf pour l'autre. Réunion au microscope, speed dating en tube, dépôt de garantie à la maison-mère.

Résultat : photocopie en cours d'impression.

Exemplaire unique en couleur et en octobre.

 

 NB : Penser à acheter un grand classeur pour Titch et une pochette plastifiée pour Carlita.

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 mai 2011

Les Bidochon en voyage organisé 1

forbidVendredi : dans la file d'attente à l'embarquement, que des subclaquants ! C'était donc vrai, D'Artagnan et moi sommes vieux. Devant le portique de sécurité, je sais que ça ne va pas biper, car j'ai pris soin d'attacher mon froc avec une ficelle, je ne porte pas de bijoux et je n'ai plus de stérilet. Pour d'autres, les cloches sonnent : c'est caleçon et pelotage sous les aisselles, scanner, irm et scintigraphie obligatoires.

J'apprécie particulièrement les décollages, après 20 km à 2 à l'heure sur le tarmac pour que le zinc rejoigne la piste de lancement. J'aime ce moment précis où le captain s'arrête, puis fait chauffer les moteurs à fond, trembler la carlingue sur le point de se désosser, juste avant de desserrer le frein à main. Je redresse ma perruque et rajuste mon dentier. A y est, on lutte contre l'attraction, tout le monde pédale pour pas qu'on retombe.

L'avion à peine remis à l'horizontale, les hôtesses s'activent et nous proposent à becqueter. J'adore ça aussi, croûter dans un coucou. On s'envoie des mignonettes de blanc et de rouge, faut tout goûter, c'est gratos. Je m'endors repue et bienheureuse. Oué, lecteur envieux, j'ai une vraie aptitude au bonheur, je suis l'engeance des psys.

Samedi :  kiss landing de toute beauté. Ma perruque n'a pas bougé, mes implants non plus. D'Artagnan ne reconnaît pas sa valise, car elle est toute neuve et il dort debout, la laissant tourner trois fois sur le tapis. On fait le check out, un genre de mistral glacé me bouscule la moumoute, on monte dans le bus. Le chauffeur a une grosse moustache noire comme ses lunettes. Il est 4h30 du matin, heure locale.

Le guide semble amorphe. Il nous salue en précisant qu'on en a pour 1 h1/2 de route et nous informe que demain  -enfin tout à l'heure- compte tenu de l'heure matinale de notre futur coucher, on ne partira pas pour les 550 km de route à travers montagnes et hauts plateaux, prévus dès le premier jour, mais on fera la journée libre programmée initialement en fin de voyage. Tant mieux, on est quand même flapis. 

S'élève alors une voix de canard qui a trop clopé. "Mais pourkwaaa vous changez le programme ? On pourrait y aller tout de suite, c'est vrai quoi, on doit faire le programme dans l'ordre". D'Artagnan me sourit : ça y est, c'est vraiment les vacances. L'emmerdeur du groupe est déjà identifié. Le spectacle peut commencer. 

S'en suit une discussion aussi ridicule que pénible du fait de la dame-canard qui n'en démord pas, d'autant que le guide rappelle qu'il faut lui filer du cash illico si on veut avoir à manger tous les jours et que le canard n'est pas au courant, que c'est un scandale, etc...Le guide reste calme mais semble amorti. 

Comme il a un mégaphone scotché aux cordes vocales, le canard m'a réveillée. Oulà, attention, je m'en vais lui claquer le museau à cette malfaisante. Le sommeil permet à mon surmoi, d'ordinaire peu gonflé, de mettre en veilleuse mes velléités belliqueuses, pour faire comme les autres qui n'ont pas moufté. C'est vrai quoi, on est à peine arrivés, j'aurai toujours le temps d'ébouriffer les plumes de la vociférante plus tard, si nécessaire.

L'hôtel du bord de mer est composé d'une multitude de bungalows tous pareils et numérotés sur seulement deux de leurs faces. Gros potin de roulement de valises dans les allées cimentées pendant 1/2 d'heure avant que chacun trouve sa niche. 

Sur le lit, pas de drap de dessus, juste un genre de petite couverture en coton, à même le drap housse. J'ai froid. Je trouve 2 couvrantes et refais un lit approximatif.

D'Artagnan scie du bois avec application. J'irais bien voir si la mer est démontée.

La suite plus tard, lecteur avide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 janvier 2011

tes paupières sont lourdes

48717509A y est, j'y suis. Où ça donc, tu t'interroges, lecteur chou ? Mais à la clinique bien sûr. Non je vais pas mourir, enfin pas tout de suite. Mais demain peut-être, si je ne me réveille pas de l'anesthésie. C'est toujours mon angoisse, ce sommeil artificiel qui permet au chirurgien  de transformer son client en patient réduit à l'impossibilité de lui scier les oreilles avec des hurlements de douleur aussi pénibles qu'inutiles, force est de le reconnaître. 

Je retiens l'Assfaps et les fabricants de prothèse mammaire PIP qui ont défrayé la chronique il y a quelques mois, rapport à leur bidouillage de gel de silicone changé sans le dire aux autorités. Evidemment remplacé par un gel de moins bonne qualité causant moultes fuites dans les pectoraux regonflés ou reconstruits de ces dames.

Eh bin moi aussi, j'ai hérité d'une de ces prothèses non conformes. Les centres de cancérologie se sont fait refiler la came tout comme les cabinets de chirurgie esthétique. Pas de jaloux. Des cohortes de tronquées du néné ont donc été conviées à faire vérifier leurs prothèses et à les changer dans le cadre de la seconde étape après la reconstruction d'un nichon entièrement découpé en tranches fines.

C'est ça qu'on me fait demain à la fraîche : ouvrir la cicatrice au milieu du sein, c'est à dire le morceau de dos qu'ils ont découpé tel un bisteck et placé en façade, pour recouvrir la prothèse. C'était en avril 2008 et là, j'ai chanté ma race (cf. La Moumoutte qui Jappe ou La Castrafiore, je sais plus). On rouvre donc pour  mettre une prothèse moins grosse, moins bombée et d'un modèle habilité. Et on en profite pour remonter tout le toutim sans toucher au sein droit qui est encore bien assez jojo pour qu'on lui foute la paix.

Ce sera à 9h. Je te laisse, lecteur chéri, faut que je me lave entièrement à la bétadine, cheveux compris. Or, il fait frisquet dans la salle de bains et ils n'ont même pas un sèche-cheveux.

Ma voisine de chambre est jeune mais triste comme un bonnet de nuit. Elle fait son autiste entre ses écouteurs à tv et ses sms. Je vais lui faire une blague en pleine nuit. Lui tirer les doigts de pied déguisée en fantôme ou lui foutre des baffes sous couvert de somnambulisme. Ca créera des liens.

A demain, lecteur chéri, et prie tous les Seins pour moi.

 

 

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24 décembre 2010

Une si belle poupée

bellmer2Si d'aventure, ce soir ou demain, tu t'apprêtes à offrir une belle poupée à longs cheveux blonds et bouclés à une petite fille de ta lignée, ne fronce point le sourcil si ladite fillette, comblée par ce présent, se l'approprie illico et sans ménagement.

Je t'explique, lecteur inquiet. Certes, tu auras claqué un max pour faire plaisir à tout le monde en ce beau soir de Noël et tu auras choisi la plus chouette des poupées pour la petite dont tu imagines déjà les lueurs de convoitise satisfaite, la bave aux commissures de jouissance anticipée, au moment où elle va découvrir la merveille tant désirée au sortir d'un emballage qu'elle va mettre 15 ans à réduire à néant avec ses petites mains potelées.

Toi aussi, tu salives à l'idée du plaisir que tu lui fais et faut passer la serpillère derrière vous tellement vous êtes toutes les 2 ben contentes. 

Folle de joie, l'enfant gâtée par tes soins va disparaître du salon avec sa belle poupée pour mieux s'en occuper : elle a sommeil maintenant, faut la coucher, la border, et tout et tout. Pendant ce temps, vous avez sifflé le champagne et vous commencez à réveillonner. Les parents sont obligés de monter le ton pour que la petite daigne revenir s'alimenter, poupée ou pas. Elle obéit, menacée de se voir retirer sa fille de celluloïd.

Dès que possible, l'enfant repart jouer et tu l'imagines, lecteur attendri, toute entière à la reproduction des gestes ancestraux dévolus à son sexe : la maternité et son cortège de jeux de rôle. La poupée a faim : elle va goûter une huître, c'est bon pour le teint. La poupée a soif : baptisons-la au mousseux. La poupée a trop chaud : foutons-la à poil. Sa robe est un peu longue : vite, des ciseaux. 

A minuit, il est temps d'installer le Petit Jésus dans la crèche. On appelle les mouflets. Tout le monde est là, sauf la petite fille. Après les sommations d'usage, elle arrive essoufflée, traînant la belle poupée par terre. Et c'est là qu'il ne faut pas moufter, lecteur horrifié. La poupée est en haillons, barbouillée de bûche mélangée à du gratin, maquillée comme une voiture volée et il lui manque un bras. Pis que tout, sa belle chevelure a disparu au profit d'une coupe courte, audacieuse et asymétrique, avec des mèches au mercurochrome.

Non, faut pas l'enguirlander, la pauvre petite. Ce n'est plus ta poupée, lecteur généreux, c'est la sienne et elle en fait bien ce qu'elle veut. 

Après tout, son sens artistique vient de se pointer et rien ne t'autorise à en critiquer les oeuvres. Il ne te viendrait pas à l'idée de te fâcher tout rouge en voyant un défilé de mode. Non mais.

Tu l'avais deviné, lecteur fin, la petite fille, c'était bibi et la généreuse donatrice, ma grand-mère. Mais celui qui m'avait enguirlandée, c'était le propre fils de ma mamie, mon papa à moi. On ne peut compter sur personne.

Joyeux Noël, lecteur chéri.

 

 

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06 décembre 2010

Calendrier de l'Avant

hamsterMoi aussi, je peux te faire un calendrier de l'Avant. Y a pas que Titch, hein. 

Avant, j'étais belle. J'en veux pour preuve la fois où mon voisin du dessous a voulu me reboucher les tro-us. Si, c'est vrai.

Il a sonné, un beau matin. Il était laid, le pauvre, avec de gros yeux globuleux, la lippe pendante et une obséquiosité des  plus pénibles.

"Madame, j'entends vos conversations dans ma cuisine. Certainement que vous avez des tuyaux coupés, suite à vos travaux, ce qui fait que j'entends tout."

Gni ? m'interrogais-je. D'abord, ce n'est pas mon voisin du dessous mais celui du 36è dessous. Entre nos appartements, il y en a un autre et que je sache, ses occupants ne se sont plaints d'aucune fuite sonore qui émanerait des tuyaux de  cuisine. Et moi, j'ai jamais rien esgourdi depuis des années que mes travaux sont terminés.

Je lui fais part de ce fait, incontournable et marquant. Autant parler à une bûche,  le voisin insiste et me dit " Si vous voulez, je viens vous les reboucher dans la semaine, les trous". 

Il veut absolument voir les tuyaux effectivement coupés au ras du sol de ma cuisine. Je tente de lui expliquer, en vain, combien il est improbable que les sons sortis de sa grosse bouche aient une chance d'atteindre ainsi mes esgourdes et qu'en plus, je suis légèrement sourdingue.

Voyant que je ne me débarrasserais de l'importun farfelu qu'au prix d'un compromis, je finis par céder à sa demande et l'autorise à venir le surlendemain s'exciter sur mes tuyaux.

Je ne croyais pas si bien dire. Sur le pas de la porte, le coquin de m'inviter à déjeuner avec lui le lendemain. Je vois mieux de quelle tuyauterie il voudrait s'occuper.

Celle-là, on ne me l'avait encore pas faite."Euh non, ça va pas être possible" ai-je répondu, et j'ai demandé à Mi Broteur 2 de recevoir le Monsieur avec son gros pinceau à reboucher les tuyaux, pendant que j'aurais foutu le camp pour pas croiser le plombier pervers.

Depuis, le comique s'est fait lourdé par sa meuf, probablement lassée de ses cornes qui l'ont obligée à remonter les chambranles de ses portes pour pouvoir passer, comme en son temps le marquis de Montespan, fier cocu du roi de France.

C'était pour dire rien du tout. Si ce n'est qu'avant, c'était mieux.

 

 

 

 

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05 avril 2010

RIEN QUI CLOCHE

ZEBREVendredi soir : dîner avec les enfants pour les 30 printemps de Titch (mieux vaut tard que jamais). Faire un bon navarin d'agneau avec petits légumes de printemps. En dessert, penser au gâteau pour les bougies. Penser aux bougies (ah non, j'ai mieux : tous les chiffres à visser sur un socle, et le tour est joué). Trifouiller le tiroir du milieu pour retrouver le 3 et le zéro. Râââh, où c'est-y  qu'ils se sont planqués, ceux-là ?

Très bonne soirée, Titch et Tendrépoux en forme, les garçons itou. Manque Mi Broteur 1 en plein concert de la mort devant 6000 personnes. Si, c'est vrai, même. Les fils de Dartagnan ont enfin réussi à se libérer de leurs tournées respectives. Le puîné fait le clown et nous montre une vidéo dénichée sur youtube : le bébé qui proute. J'en ai encore mal aux côtes. 

À 3 h du mat', extinction des feux. À 5h30, brulûres d'oesophage qui me réveillent, ainsi qu'un certain malaise nécessitant une vidange orale en plusieurs fois. C'est la meilleure ! Maintenant, je ne supporte même plus ma propre cuisine. 

À 7h, je me recouche, légère...

Samedi :  la gardienne dépose à ma porte une bafouille de 3 pages dont une ordonnance pour une échographie, de l'Institut Curie qui m'explique que j'ai peut-être reçu un de ces implants ma mère risquant la fuite, suite à magouilles du fabricant. Je vérifie : bingo, c'est pour ma pomme. Je fais l'effort de m'habiller. 1/2h après, je me recouche, tente de lire, et dors jusqu'au lendemain matin.

Dimanche : levage de paupières à l'heure où la bénédiction "gourbi et fourbi" est depuis longtemps administrée par le Berger Allemand. Le temps de réparer les outrages d'une crise de foie et de ficeler ma prothèse mon père dans un soutif, et il est presque temps de partir en mairie communiste  pour pendre la crémaillère d'une maison d'ouvrier fin XIXè et classée.

La maisonnette est charmante, étroite, toute en hauteur, avec des escaliers bien raides. Le jardinet minuscule nous contient difficilement, éclairés d'un bon soleil et d'un goûter arrosé de champagne. "Rien, merci, de l'eau du robinet, ça ira" décliné-je tristement. Les autres ont tout le temps faim et l'après-midi n'est pas terminé qu'ils veulent encore finir les restes chez d'autres potes. On y va. Notre copain qui est LE théâtre à lui tout seul, tellement il est fait pour ça, tellement il sait bien le faire, nous fait de brillantes saynettes à propos de son ovulation. Oui, lecteur, il a plus de 50 balais mais  fricote avec une jeunesse de 35 et elle veut un lardon. Classique ! Sauf que le copain passerait bien son tour (déjà servi avec 2 grands garçons). Mais comme il y tient, à sa petite, il va faire un effort. C'est pour ça qu'il tient à lui offrir une ovulation parfaite. Mouahahah. 

Lundi : réveil en douceur, tardif, délicieux. Glandage toute la journée. Cinoche en fin d'après-midi : "les invités de mon père" sont hilarants. J'ai bien pensé à mes lunettes cause que l'autre fois, j'ai vexé le restaurateur basque, liant limite casse-pieds, qui nous faisait les honneurs de son auberge. Je lui ai demandé "Qu'est-ce-que c'est les profiterolles de zèbre ?" mentionnées sur son ardoise. Un peu interloqué, il rapproche l'ardoise et là, je lis "profiterolles de Zélie". Je dis "ah pardon, je n'ai pas mes lunettes, c'est pour ça". Zélie, c'est zoli, c'est sa petite-fille. Quand on a des enfants qui baptisent leur fille  Zélie, on écrit plus gros.

Sinon rien. C'était Pâques, je crois. 

 

 

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18 mars 2010

Sine Nobilitas (épisode 1)

guillotine

 

Effrayante silhouette trop tôt disparue ! J'en rêve toutes les nuits après une expérience certes intéressante, mais à renouveler avec parcimonie pour peu qu'on veuille éviter le bain de sang, en dépit des promesses de l'intitulé de ce blog qui crie famine et qui va bien finir par s'autodétruire. 

Je peux tout expliquer, mais en plusieurs fois, tellement je ne suis pas encore rentrée dans mes gonds. Pour commencer, il faudra te contenter d'un décor planté sommairement.

Un beau château du XVIIè siècle, une châtelaine à particule et au look très "ladyfarmeuse", environnée de cousins improbables infestant la région, une roturière appelée au chevet dudit châtiau, secouez le tout vigoureusement, vous n'obtenez pas de mélange, mais une superposition d'éléments à jamais disparates, comme l'huile et le vinaigre, si la moutarde ne vient pas lier les deux. 

En l'occurence, c'est la moutarde qui monte au nez vite fait, tant l'aristocratie et la roture ne peuvent cohabiter, comme l'a prouvé avec finesse la Révolution qui n'a pas achevé le travail de purification sociale pourtant si brillamment engagé.

J'ose le dire, Citoyens, il faut ressortir les piques et la Veuve Guillotin pour en finir avec la morgue (hinhin) et l'imbécilité de caste.

Suite au prochain billet (je n'ai pas le temps de rigoler en ce moment).

 

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13 mars 2010

Chucky

pedophile- Donne-moi un bonbon.

Shhhhhhhh.

- J'ai grand faim.

Shhhhhhhh.

- Viens te promener avec moi.

Shhhhhhhh.

- Je suis très fatigué.

Shhhhhhhh.

- Fais-moi un câlin.

Shhhhhhhh.

- Touche ma fourrure.

Shhhhhhhh.

- Regarde, ma petite fille, comme il est joli et tout doux.

- Oh oui alors ! Je peux le prendre ?

- Bien sûr, ma chérie, c'est fait pour. Vas-y, tire dessus. 

- Ah mais c'est dur, j'y arrive pas.

- Mais si, je vais t'aider. Tu mets ta main là et tu tires. Voilà, comme ça. Après, tu reviens en arrière et tu tires à nouveau. 

Shhhhhhhhh.

-Fais-moi un câlin.

-Tu vois, il est content parce que tu sais très bien le faire. 

Shhhhhhhhh.

-Attention, ne tire pas trop fort quand même.

- Touche ma fourrure.

Shhhhhhhh.

- Bin caresse-le puisqu'il te le demande.

- J'ai grand faim.

Shhhhhhhh.

- Je suis très fatigué.

- Allez, viens petite, on s'est bien amusés. Il faut le laisser faire dodo maintenant. Tu le retrouveras la semaine prochaine. Tonton te ramène chez toi.

Nan, lecteur sale, ce dialogue ne provient pas des minutes du procès d'Outreau, mais trouve sa source dans une modernité qui n'a plus cours, en la personne d'un lapin géant qui parlait grâce à une ficelle que j'actionnais chaque jeudi chez mon professeur de piano.

Si le principe du jouet parlant a fait florès, la nature des phrases (reproduites in extenso) prononcées d'une voix nasillarde et haut perchée du lapinou créé dans les années 1960, en fait une pièce unique et parfaitement incorrecte aujourd'hui, eu égard à la succession d'affaires pénibles qui défrayent régulièrement les chroniques judiciaires.

 

 

 

 

 

 

 

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24 février 2010

LA CASTRAFIORE

castafioreTrès fort, Charlie ! On a tous marché à fond dans le panneau.

Il n'y a qu'à lire son dernier billet pour admirer la technique du faux naïf qui s'étonne, après avoir suscité un véritable tollé dans la blogosphère à la seule évocation de sa désertion imminente, de voir son blog plus fréquenté qu'un bureau de vote irakien : les messieurs-dames de la pub, com' et autres spécialistes en manipulation n'ont qu'à bien se tenir, on a affaire à un pseudo kamikaze dont la dynamite t'explose en bouche au simple énoncé du mot "ceinture" !

Bravo pour les retombées blogoactives, et continue à avoir des vapeurs ! 

Tout ça pour vous dire que moi aussi, j'ai mes vapeurs. Mes nuits sont plus mouillées que vos jours. Non, il ne pleut pas sur ma couette, c'est moi qui me charge de tout. Vois-tu, lectrice pubère et nubile, profite de la floraison, sois belle, fais des gosses et souviens-toi que le curseur est bien placé sur ta ligne de vie. Il se déplace assez lentement mais arrivé à 50, voilà que ton continuum se met à dérailler et que tu dois intervenir fissa pour éviter que tout s'arrête.

Pour cela, les savants modernes ont le remède miracle qui remet la machine en marche mais ça va te coûter cher. Après avoir joué au charcutier sur ton corps sublime, ils te font avaler qu'avec leur potion magique, tu seras tellement mieux en vie. Les effets externes te font d'abord ressembler à un oeuf, puis à un poussin obligé d'engraisser les marchands de tout poil pour te permettre de continuer ta vie socio-professionnelle sans trop effrayer le pékin (voir la moumoute qui jappe).

Seulement, il y a des effets pervers dont on ne te parle jamais avant absorption du remède miracle. Avant, tu fais partie intégrante du corpus féminin avec un grand Q, tes cellules et tes fluides sont toujours fidèles au poste, tu n'es pas blette comme tes pieds, ton imagination est au top, tu as envie de faire la bête à deux dos sans pour autant redouter une 4è jeune pousse. Bref, tu es encore une vraie femme.

perso_castafiore1Ok, tu as gagné un sein faux en prime qui fait bien pour le décolleté mais que toute nue, tu préfères ne plus le voir, cause qu'il ressemble à une grosse paupiette mal ficelée et que ton joli petit vrai sein à côté, on dirait un alien. Le docteur a voulu te faire plaisir et sans t'en parler, t'a collé une prothèse XXL, car tu avais un peu grossi suite à un sevrage tabagique héroïque pour permettre une meilleure cicatrisation. Mais comme tes tissus étaient déjà endommagés par une première irradiation quelques années avant, les efforts de ton chirurgien n'ont servi à rien, puisque tu parviens à coincer des gros feutres et des stylos sous ton sein rechapé dont tu constates l'effondrement.

En plus, tu es toujours en travaux car on te laisse repartir avec un biberon sans tétine et si l'on veut redessiner le galbe défaillant, il va falloir trifouiller l'autre nichon, le vrai. Mais comme tu ne sens plus rien avec le faux, même quand tu te cognes, tu n'as pas tellement envie que ton petit robert chou soit lui aussi privé de toute sensation. Bref, tu vis dans le monde abstrait des androïdes, des anges ou plus prosaïquement, du canada dry.

Ce long aparté chirurgical étant fait, et indépendamment de ce nouvel état physique, la potion magique t'a rabotée les ovaires et les hormones, ce qui te permet de laisser au vestiaire tes pubis relations (prononce à l'angliche, ami polyglotte). Tu es peinarde, championne de l'abstinence puisque ta libido est partie avec tes cheveux et qu'elle repousse bien moins vite, si tant est qu'elle repousse. Pendant ce temps, ton bonhomme est remarquable de dévouement et de compréhension, comptant sur un mieux dans quelques secondes mois. Sauf que ça fait 4 siècles que sa chérie ne lui a pas fait la danse du voile et qu'elle saute dans ses habits plus vite qu'un naturiste qui se déloque à Cap d'Agde. Que faire, Docteur ? Par vengeance, tu leur poses la question à chaque contrôle pour les faire rougir et tu leur dis merci pour la libido de nonagénaire qu'ils t'ont laissée. 

Rassure-toi, lectrice inquiète, tu as quand même un tout petit souvenir que c'était top et qu'il faudrait le refaire. Tu oublies ta chambre à air sans rustine et tu éteins la lumière. Le savoir-faire et l'expérience sont des atouts considérables et tu te félicites des bienfaits répandus par la nature généreuse et solaire de ton chéri. Merci et à la prochaine, car pour pratiquer, tu dois faire l'effort de te rappeler que c'était bien. C'est ça justement, le hic : tu oublies parce que tu es périmée. En plus, et malgré les risques d'échauffement du joint de culasse, tu refuses le saint chrême en tube, toujours vexant parce qu'il te fait regretter l'époque où tu coulais des bielles à la chaîne avant de prendre ton pied à coulisse.

Bref, la chimio ou la libido, fallait choisir. Tu n'étais même pas ménopausée, maintenant tu es sur pause permanente. Tu te sens flouée. Tu voudrais remettre le curseur à 20, 30, 40, même 48 ça irait, mais tu ne peux pas.

C'est pourquoi, le premier qui te dit "va au psy, faut te reconstruire l'image corporelle", tu lui réponds "je vais au blog, ça soigne pas non plus, mais c'est gratuit."

 

 

 

 

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25 janvier 2010

CHACUN SA PLACE

 

train_orient_expressLa ruée de ce retour de vacances en TGV fut à la hauteur des prédictions les plus alarmistes. Plus bardée de sacs en skaï qu’une pintade de lard fumé, il fallut se frayer un chemin vers la bonne rame et se jeter sur les dernières places libres. Très « vieille bourge du Parc Monceau » avec mon manteau à col de fourrure fausse mais remarquablement imitée, j’envoie illico Mi Broteur 2 à la recherche de sandwichs sans saveur et de bière en boîte, prévoyant une pénurie organisée en voiture 4, celle du bar, pompeuse appellation pour ce qui n’est qu’une entreprise de malfaiteurs sponsorisés.

Priant pour un prompt retour de mon puîné avec de quoi enrayer une hypoglycémie galopante, je mets mon siège en position couchette pour me remettre d’avoir rangé les bagages dans les filets, toute seule comme une grande fille percluse de crampes aux bras, lorsque se plante devant moi un jeune homme de blanc vêtu, teint olivâtre et cheveux de jais, qui m’interpelle d’une voix chantante : « Oh, Môdôme, c’est mô plôce ». 

Gni ? Qu’est ce qu’il dit, le bougre ? « Oh Môdôme, c’est mô plôce ». Ah, c’est ta place ?

«Certes, mon jeune ami, il s’agit probablement de votre place car ce n’est pas la mienne, puisqu’elle est prise par un autre passager, eu égard au désordre causé par le grand nombre de voyageurs de retour à la capitale après un repos bien mérité mais circonscrit dans une plage spatiotemporelle prédéfinie par les instances gouvernementales » lui répliqué-je avec douceur.

«Oh Môdôme, c’est mô plôce » me réassène t’il sans broncher.

«Sans nul doute, cher Monsieur, mais êtes-vous sûr que vous êtes bien dans la bonne rame ? » répondé-je avec un calme olympien.

«Oh Môdôme, c’est mô plôce » me radote-t’il avec les mêmes scansions rappeuses.

Je note que ce dialogue surréaliste laisse de marbre les passagers alentour. Pas un gloussement, rien, nada.

De la belle constance affichée par ce héraut de la diversité, je déduis qu’il a vérifié son billet et reconnais que  ce monologuiste distingué et tenace mérite bien de siéger sans conteste à l’endroit qui lui a été attribué par le Rail Français. Sauf que j’ai grand faim et que ma patience, déjà limitée en temps normal, s’évapore à plus grande vitesse que notre train. Je dois trouver une réponse qui satisfera les deux parties et me laissera mourir d’inanition en paix, car je suis exsangue.

«Ecoutez, peu importe votre place, l’important c’est d’en avoir une et j’en vois deux parfaitement libres derrière vous».

«Oh Môdôme, c’est mô plôce » me repasse Mr. Replay.

J’aime le comique de répétition, j’adore ça même. Moins en temps de pénurie. C’est comme ça, quand j’ai faim, rien ne saurait me distraire de mon estomac vide. D’un coup, la moutarde me picote les sinus et j’ai les abeilles. Je renonce donc à la pure logique, sans grand effet sur mon interlocuteur, et lui rétorque avec le même savoureux accent des banlieues: 

«Oh vas-y, toi, t’es bouché ou quoi ? ça fait une heure que tu me répètes la même chose sans rien entraver. Maintenant, si tu veux, on appelle le contrôleur pour qu’il remette tout le monde à la bonne place. Tu vas voir comme ça va lui faire plaisir de faire valser tout le wagon»

Silence de mort dans la rame. Intense et brève réflexion du jeune homme en survêtement blanc qui baisse le nez et s’éloigne, drapé dans sa stupeur.

Je me fiche de savoir s’il avait ou non un billet en règle – probablement pas- puisqu’il a filé sans demander son reste au seul énoncé du problème : le contrôleur. Bien qu’en aucun cas, je ne me sois sentie menacée par ce perroquet au babil poignant, je ne m’étonne plus que des gens puissent se faire trucider en toute quiétude, sur le rail et sous le nez de passagers aveugles, sourds et muets. Même pour rire de concert, y a plus personne, tellement tout le monde a peur ou se fout de tout.

Peu après, Mi Broteur 2 s’en revient avec le casse-croûte. Comme je suis répandue d'épuisement sur les deux sièges, le pauvre enfant me rappelle à l'ordre tendrement :  «oh Maman, c’est ma place ».

 

 

 

Posté par QueenMom à 14:54 - - Commentaires [22] - Rétroliens [0]


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