MAMY BLUE
C'est affreux, ignoble, odieux, scandaleux, monstrueux et même terrible. Personne, je dis bien, personne, ne se demande si la future grand-mère va bien. Comme si ça n'était pas important, comme si ça allait de soi. Crois-tu, lecteur chéri, que cela me fasse plaisir, cette indifférence grandissante de ta part ? Est-ce que je ne nourris pas régulièrement ce blog à seule fin de distraire ta morne existence? Si, si, et si, je le fais.
Car même si la régularité suit le tempo variable que ma muse impose, même s'il y a des silences, sache bien, lecteur chéri, qu'il n'y a pas de blancs entre nous. Et souviens-toi, lecteur aussi ignare qu'ingrat, que pour réussir ses sonates, Beethoven s'est muré dans le silence. Non parce qu'il était légèrement dur de la feuille, mais parce que sans silence, les notes, c'est que du bruit. Non pas que je me prenne pour le Beethoven de la blogosphère, lecteur moqueur, mais j'aime bien t'expliquer. Pourquoi crois-tu que chaque silence ait son symbole? Pause, demi-pause, quart-de-silence, demi-silence et silence , j'en passe : tu connais forcément, si tu as fait un peu de solfège dans ton jeune temps, lecteur chou. Pourquoi crois-tu que Ludwig en ait mis plein ses portées (pas de chiots, vilain)? Parce que sinon c'est la cacophonie, c'est simple pourtant, on vous l'a dit et répété. Alors qu'ici, ce qu'on veut, c'est l'harmonie. Vois ce blog comme une immense partition de musique, ses billets comme des notes, ponctuées de silences, et ouis l'harmonie, oui, ouis-la, enfin quoi.
Bref, me voilà obligée de me justifier, alors que c'est pas toi qui vas être mémé, c'est bibi. Et crois-moi, ce n'est pas du tout cuit. Enfin quoi, cet enfant va naître incessamment, et je ne suis même pas rasée. Ni coiffée. Juste pédicurée, ce qui lui fera une belle jambe. Il n'est pas question qu'à notre première entrevue, ce nain me confonde avec Chabal, encore moins avec Canteloup. Encore que comme ce dernier, j'ai l'intention de lui faire une petite imitation de ses biomanes, juste pour qu'il situe mieux son environnement immédiat.
On m'a demandé récemment (traduire : on m'harcelée depuis des mois) pour savoir comment je souhaitais que la petite chose rose et édentée me nomme, moi sa mère-grand. Ce qui en dit long sur l'état mental de sa pauvre génitrice, qui croit que le petit paquet péteur va nous causer direct dans la langue de Molière dès la maternité. Pourquoi pas en ingliche, pendant qu'on y est ?
Je lance donc sur l'heure un grand concours : trouve de quel doux nom l'enfant à naître de Titcheur m'appellera, et je t'offre un voyage autour de la Terre (j'ai pas dit autour du monde): tu seras donc satellisé et en orbite, autour de la Terre. Mais naaan, je plaisante. Si tu me dégottes un joli blase, tu gagneras une photo dédicacée de la mère, du bébé et de la mémé. Voilà, c'est dit. Topons là.
NB : les "'Monsieur", "Madame", "Mémère", "Mémé"', "Bonne-Maman" ou l'inévitable et consternant de banalité "Mamie" ne sont pas admis.
C'est à toi !
(Sinon, elle va me siffler, la petite créature)
Commentaires sur MAMY BLUE
Mutti de Paris ! Car c'est ainsi que mes petits-enfants devraient m'appeler : Mutti. En souvenir de la 6è anglais-allemand de Titch qui, depuis lors et de temps en temps, m'appelle toujours Mutti. Sauf qu'en vérité, je n'arrive pas bien à m'y faire. J'arrête pas de dire à ma petite-fille "regarde, c'est ta mamie qui est là". C'est bête non? Enfin, grâce à toi, Mutti de Paris, je vais pouvoir pondre un nouveau billet!
Ah... moi, j'aurais proposé Grand-Ma, mais Mutti, pourquoi pas. Mais Lamerveille l'écrira peut-être "Moutie"!
Bonne soirée, et félicitations!
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