28 mai 2011

Annonces Classées

Un chouette de cadeau pour toi, lecteur préféré, et chapeau bas à l'auteur inspiré (qui n'est pas moi) mais lui ! Va voir son blog et régale-toi. Ne me remercie pas (même si j'en ai bavé pour copier  ses annonces sur LeBonCoin.fr qui voulaient pas l'être), c'est un plaisir, mâtiné de jalousie certes, mais un plaisir quand même.

 

MAGNIFIQUE FAUTEUIL SCANDINAVE

fauteuilFauteuil "Tullsta", mobilier suédois (règne du roi Ikéa 1er, XXème siècle après JC). Il est rouge, moelleux, adapté à toutes les fesses. En plus il est déjà monté, vous n'aurez pas à vous battre avec cette maudite clé à six pans et vous faites l'économie des boulettes de renne et du saumon sauce moutarde. Le prix, 35 €, est dérisoire pour un meuble d'époque. Seul inconvénient : vous devrez venir le chercher au 4eme étage sans ascenseur. Mais vous pourrez vous asseoir dedans en arrivant.

Je vends aussi une Megane noire (celle-ci, en revanche, est garée en bas de l'immeuble). Si vous prenez la voiture, je fais le fauteuil à 29,99 €.

 Ne vous battez pas.


PERROQUET (MUET)

perroquetCeci est un « perroquet ». Je ne peux pas le vendre plus de 34 €, car malgré toutes mes tentatives, il ne parle pas.

Est-ce à force de se prendre des vestes ou de porter le chapeau pour les autres ? Il demeure obstinément muet. D’un autre côté, une bestiole qui crie « coco » sans arrêt, c’est agaçant. Surtout si l'on est communiste. Bon, les dimensions de l’animal : 188 cm au garrot, 54 cm entre les pattes. Il peut supporter 3 ou 4 manteaux, 2 hauts-de-forme, et une soixantaine de bonnets de bain. 

Un bien bel objet.

 Il appartient à la Collection Dauteuille.

 

TABLE DE CAMPING OU RANDO (EN MARBRE)

table

Si vous avez cédé à la tentation d’acquérir une de ces tables pliantes ingénieusement logées dans une valisette bleue, pour en faire la fidèle compagne de vos repas de campeurs, vous vous êtes fourvoyé. Car ces meubles précaires sont sournois : quand ils ne coincent pas les doigts, ils s’effondrent. Alors votre femme, ébouillantée par une soupe Royco, cesse de camper, pour décamper. Ces choses-là arrivent.

 Oubliez ces accessoires désolants et portez votre choix sur ce modèle en marbre et fonte !

 Son plateau de 60 cm trouve sa place dans une housse de tente Quechua. Son pied robuste vous servira à enfoncer les sardines les plus récalcitrantes. Son poids respectable la rend insensible aux bourrasques.

 C’est du sérieux. Et au retour de vacances sans histoires, vous pourrez même en faire un joli petit guéridon. Le prix, comme le meuble, est rond : 40 € (à débattre)

Elle peut aussi servir d’ombrelle pour haltérophile.

  

STEPPEUR (ET SANS REPROCHE)

 steppeurVous désirez transformer vos membres inférieurs, de qualité standard, en jambes de concours élevées au grain ? Voici l’article ad hoc.

Oubliez la marche en sous-bois. Les sangliers y sont pacifiques, mais leurs poursuivants en treillis cribleront vos mollets galbés, ruinant tous vos efforts esthétiques.

Place au virtuel. Avec ce steppeur « Body Care » (en français « Fais gaffe à ton body »), l’avenir est en marche. Enfilez un collant fuchsia et juchez-vous sur l’engin. Vous voilà parti(e).

Le Stepper BodyCare est surtout un puissant stimulateur de l’imagination. Vous sillonnerez la planète à deux pas de votre sèche-linge. Vous gravirez l’Everest en nuisette. Vous traverserez le Sahara en vous déhanchant comme un chameau (les deux plateaux sont pivotants). De jour comme de nuit, vous marcherez interminablement, car l’objet est robuste. Enfin, quand la pluie émoussera votre militantisme, vous pourrez accompagner chez vous la manif pour les retraites.

 L’aventure est là, tendez-lui vos pieds, ainsi que 30€, tarif bénin de cet exaltant voyage.

 Je suis prêt à vendre l’objet à deux frères siamois unijambistes, mais je n’accepterai qu’un seul chèque. L’idéal serait qu’ils aient un compte joint.

 

SCÈNE ALPESTRE À L'ORIENTALE

scène alpestre

A première vue, ce bas-relief célèbre l’ivresse des sports d’hiver dans nos montagnes d’Europe, comme le suggère son titre sobre : « Alpes ».

Mais une observation attentive de l’objet nous apprend que l’œuvre est aussi et surtout une pièce rare de l’art oriental. En effet, l’artiste a discrètement apposé sur son verso la mention« Made in China ».

Il est donc probable que cette peinture sur bois est attribuable à un explorateur de l’empire du Milieu, qui, chevauchant à travers la steppe ondulante de la Mongolie, les rocailles caucasiennes et la neutre Helvétie, a fini par atteindre nos alpages savoyards, son chevalet en bandoulière.

Là, prélevant quelques poils lustrés de sa natte pour confectionner un pinceau, ce mandarin opiniâtre s’est mis au travail. Une fois ses croquis réalisés, il a regagné la Chine pour y recopier cela sur du bois, qu’il a laqué comme un canard, sans oublier d’y ajouter le relief (visible sans lunettes 3D).

L'artiste anonyme -appelons-le Ming- a su saisir l’élan du skieur comme le bref haïku sait résumer le grand Tout.

Cette œuvre, pourtant, ne coûte presque Rien. 18 euros, soit 154 yuans : c’est une bouchée de riz pour cette miniature géante (49 X 71 cm ).

Lao-tseu a dit « Plus le sage donne aux autres, plus il possède."   Le prix est donc à débattre (de quelques yuans).

 

 

 

 

 

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22 mai 2011

GROS COPIEURS

logoC'est pas trop tôt ! Le technicien y a mis toute sa science : la macchina a daigné fonctionner.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé : tête propre, cartouches pleines, tirage sans bourrage.

Depuis 2007, elle voulait rien savoir, la vilaine. Une têtue, une râleuse, une rebelle. Toute fière de son petit coefficient de vétusté et de sa haute technologie. Du coup faisant sa star, pas pressée de se mettre aux ordres d'une Direction bicéphale toute tournée vers une productivité exponentielle et des gains immédiats. 

Les 2 PDG ont donc fait appel à la modernité la plus pointue. L'atelier de réparation a pris le problème séparément : fiole et livre d'images pour l'un, étriers et schnouf pour l'autre. Réunion au microscope, speed dating en tube, dépôt de garantie à la maison-mère.

Résultat : photocopie en cours d'impression.

Exemplaire unique en couleur et en octobre.

 

 NB : Penser à acheter un grand classeur pour Titch et une pochette plastifiée pour Carlita.

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par QueenMom à 13:18 - - Commentaires [13] - Rétroliens [0]
20 mai 2011

Les Bidochon en voyage organisé 1

forbidVendredi : dans la file d'attente à l'embarquement, que des subclaquants ! C'était donc vrai, D'Artagnan et moi sommes vieux. Devant le portique de sécurité, je sais que ça ne va pas biper, car j'ai pris soin d'attacher mon froc avec une ficelle, je ne porte pas de bijoux et je n'ai plus de stérilet. Pour d'autres, les cloches sonnent : c'est caleçon et pelotage sous les aisselles, scanner, irm et scintigraphie obligatoires.

J'apprécie particulièrement les décollages, après 20 km à 2 à l'heure sur le tarmac pour que le zinc rejoigne la piste de lancement. J'aime ce moment précis où le captain s'arrête, puis fait chauffer les moteurs à fond, trembler la carlingue sur le point de se désosser, juste avant de desserrer le frein à main. Je redresse ma perruque et rajuste mon dentier. A y est, on lutte contre l'attraction, tout le monde pédale pour pas qu'on retombe.

L'avion à peine remis à l'horizontale, les hôtesses s'activent et nous proposent à becqueter. J'adore ça aussi, croûter dans un coucou. On s'envoie des mignonettes de blanc et de rouge, faut tout goûter, c'est gratos. Je m'endors repue et bienheureuse. Oué, lecteur envieux, j'ai une vraie aptitude au bonheur, je suis l'engeance des psys.

Samedi :  kiss landing de toute beauté. Ma perruque n'a pas bougé, mes implants non plus. D'Artagnan ne reconnaît pas sa valise, car elle est toute neuve et il dort debout, la laissant tourner trois fois sur le tapis. On fait le check out, un genre de mistral glacé me bouscule la moumoute, on monte dans le bus. Le chauffeur a une grosse moustache noire comme ses lunettes. Il est 4h30 du matin, heure locale.

Le guide semble amorphe. Il nous salue en précisant qu'on en a pour 1 h1/2 de route et nous informe que demain  -enfin tout à l'heure- compte tenu de l'heure matinale de notre futur coucher, on ne partira pas pour les 550 km de route à travers montagnes et hauts plateaux, prévus dès le premier jour, mais on fera la journée libre programmée initialement en fin de voyage. Tant mieux, on est quand même flapis. 

S'élève alors une voix de canard qui a trop clopé. "Mais pourkwaaa vous changez le programme ? On pourrait y aller tout de suite, c'est vrai quoi, on doit faire le programme dans l'ordre". D'Artagnan me sourit : ça y est, c'est vraiment les vacances. L'emmerdeur du groupe est déjà identifié. Le spectacle peut commencer. 

S'en suit une discussion aussi ridicule que pénible du fait de la dame-canard qui n'en démord pas, d'autant que le guide rappelle qu'il faut lui filer du cash illico si on veut avoir à manger tous les jours et que le canard n'est pas au courant, que c'est un scandale, etc...Le guide reste calme mais semble amorti. 

Comme il a un mégaphone scotché aux cordes vocales, le canard m'a réveillée. Oulà, attention, je m'en vais lui claquer le museau à cette malfaisante. Le sommeil permet à mon surmoi, d'ordinaire peu gonflé, de mettre en veilleuse mes velléités belliqueuses, pour faire comme les autres qui n'ont pas moufté. C'est vrai quoi, on est à peine arrivés, j'aurai toujours le temps d'ébouriffer les plumes de la vociférante plus tard, si nécessaire.

L'hôtel du bord de mer est composé d'une multitude de bungalows tous pareils et numérotés sur seulement deux de leurs faces. Gros potin de roulement de valises dans les allées cimentées pendant 1/2 d'heure avant que chacun trouve sa niche. 

Sur le lit, pas de drap de dessus, juste un genre de petite couverture en coton, à même le drap housse. J'ai froid. Je trouve 2 couvrantes et refais un lit approximatif.

D'Artagnan scie du bois avec application. J'irais bien voir si la mer est démontée.

La suite plus tard, lecteur avide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par QueenMom à 09:46 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
01 mai 2011

LA BOUM

imagesPour te distraire un peu, lecteur préféré, je m'en vais te narrer une nouvelle anecdote illustrant parfaitement la méchanceté humaine : la mienne et celle des autres. 

C'était au temps jadis, je vivais alors dans une charmante petite ville thermale au bord d'un lac saphir serti dans des montagnes roses. C'est tarte sur le papier, mais tu peux vérifier, à certaines heures, le saphir s'éclaircit en azur et se diapre de rose orangé, immobile et onirique, à peine troublé par le sillage des bateaux à aube genre Mississipi qui te servent le fendant entre Evian et Genève.

Un lieu de villégiature romantique à souhait, alliant les charmes de la montagne et de l'eau en bouteille, de l'histoire et de la bonne chère, avec un château dit "de Ripaille", une chapelle au décor baroque foisonnant, ses plages, ses villas de rêve. Bref, une Riviera catholique et savoyarde  de bon aloi.

Comment s'énerver en cette ville lacustre de quatre rues piétonnes qui donne l'impression d'être tout le temps en vacances? C'est pourtant possible, il suffit d'acheter une paire de sandales, de la porter 4 jours avant lâchage de brides, de la rapporter au magasin et de demander réparation.

Ce que je fis sans traîner. Après avoir constaté que non vraiment, je ne voyais pas d'autre paire à mon goût, ce qui rendait impossible l'arrangement proposé par le commerçant de changer de modèle, et refusant de poireauter sans tatanes 3 semaines pour qu'il renvoie au fabricant la paire défectueuse en réparation, je lui demandai de me rembourser en toute simplicité et illico.

"Ah non, ce n'est pas possible, Madame". Je réexplique pourquoi c'est la seule solution. "Ah mais j'ai bien compris ce que vous vouliez faire. Vous faire du fric sur mon dos ! Il n'en est pas question. Sortez d'ici !" me glapit-il hargneusement. 

Tu sais déjà, lecteur terrifié, qu'il ne faut pas me courir trop longtemps sur le haricot. Que les tsunami, les tornades et autres catastrophes naturelles, c'est rien à côté de mon courroux. 

Me faire traiter de voleuse par un voleur, j'avoue avoir presque immédiatement goûté le sel de la situation. Interloquée une nanoseconde, j'ai riposté du lourd. "Quoi ? Moi, je suis un pignouf ?" s'est étranglé le malhonnête. "Un gros pignouf, même" lui éructé-je à la face en me dirigeant vers la sortie.

Nous aurions pu en rester à ces amabilités, somme toute suffisantes pour donner un aperçu assez exact de mon sentiment à l'endroit de ce vieux grigou. 

Sauf que ledit pignouf me poursuivait de sa vindicte postillonneuse et qu'il n'était pas question de laisser à ce malandrin le dernier mot. 

Un portant plein de grolles sur des étagères s'offrit à moi dans un élan de solidarité face à la connerie humaine. Merci les pompes, je ne le dirai jamais assez. "Tiens, t'auras qu'à tout ranger, ça t'occupera, Dugenou !" lancé-je au vieux,  balayant toute retenue et de la main les chaussures sagement rangées sur les étagères. Si tu as vu "La Boum", avec Sophie Marceau, j'ai fait là une citation de la scène fameuse où la grand-mère redécore avec sa canne la parfumerie de la maîtresse du père de sa petite-fille. Tu suis ou bien ?

Arrêté net dans son élan, le pépé ! Surgissant du fond de la boutique se précipite alors le vendeur qui stoppe sa course contre moi, tout contre, épaule contre côtes flottantes, car c'est un rude gaillard d'1m90 et on dirait bien qu'il va me rosser, le bras levé, ici même, sur le trottoir.

"Vous voulez me cogner ? On va appeler les flics, ça va les intéresser !" lui bramais-je pour faire sa pub sur la place publique. Le commissariat n'étant qu'à 50 m, ça l'a calmé. Le gros dur a ramené son bras à la verticale, lentement, comme à regret de me voir partir, ricanante.

Tu te rends compte, saint lecteur, comme c'est dur de refuser Satan et toutes ses pompes ?

 

 

 

 

 

Posté par QueenMom à 11:00 - - Commentaires [12] - Rétroliens [0]


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